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Le site des médecins Ostéopathes

October 2009      Theme:Actualité
   Date : 30-11-2009
   Source : Ostéos de France
   
Ostéopathie, morts par décrets, Dr Geoffray  

 « Ostéopathie : morts par décrets » par le Docteur Bruno Geoffray, trésorier d'Ostéos de France..

Il faut dire ce qui va arriver à l’exercice de l’ostéopathie à très court terme. Sa mort est à la porte de nos cabinets. Elle a été voulue non pas pour une fois au nom d'un machiavélisme fréquent en politique mais par un mercantilisme éhonté avec son corollaire l'appât du gain.

Ostéos de France, organisation professionnelle évaluée représentative des ostéopathes par le Ministère a travaillé toutes ces années pour tirer vers le haut cet art médical qu'est l'ostéopathie. Vers le haut, ça voulait dire mettre en formation un nombre adapté au paysage ostéopathique tel qu'il existait en 2002, donc limité. Limité aussi bien entendu le nombre d'écoles privées. Celles-ci devaient être sous contrôle universitaire avec la création d'un ordre professionnel au même titre que l'ordre des médecins. En 2002, on pouvait estimer le nombre de professionnels de l'ostéopathie à environ 7000. L'origine de ces professionnels était triple: soit médecin ou kiné donc professionnels de santé, soit non médecin non kiné et donc non professionnel de santé.

Raisonnablement, on pouvait établir de mettre en formation un nombre correspondant d'une part au turn over naturel de ces professionnels établis par les départ à la retraite et d'autre part à une augmentation de la demande de prise en charge par ostéopathie (médiatisation, divulgation etc …) de manière à établir en activité un nombre voisin de 10 000 professionnels.

Il n'en est rien, dés cette légalisation de la pratique de l'ostéopathie pour les non-médecins et ce bien avant même que les décrets d'application de la loi ne paraissent, les écoles ont fleuri comme pâquerettes au printemps. Avec cette floraison acnéiforme, le nombre d'étudiants en formation a explosé. Les décrets parus enfin en 2007 n'ont été qu'une chambre d'enregistrement d'une situation donnée, les réunions en DRASS pour l'attribution du titre d'ostéopathe qu'une vaste mascarade.

En tant que membre de cette commission en Gironde, on nous a donné un filet avec des mailles tellement larges que l'attribution a été quasi-systématique. De plus il a suffit aux recalés malchanceux de se pourvoir en recours pour obtenir le titre convoité. Du coté des écoles privées à titre lucratif, même chanson, d'un nombre défini d'écoles (déjà bien trop élevé) agréés, celles qui n'ont pas obtenu cet agrément l'ont eu par recours …

« Mort par décret », le métier se meurt, la profession toutes origines confondues va bientôt être en situation de mort clinique, non pas électroencéphalogramme plat mais bourse vide !

Toujours en Gironde, on compte près de 300 cabinets recensés dans l'annuaire (non médecins). Ainsi en extrapolant, ce sont 30 000 ostéopathes qui exerceraient actuellement sur le territoire national.
Au rythme actuel de formation, ce sera d'ici 3 à 4 ans 70 000 (alors que le nombre de médecins généralistes de plein exercice est d'environ 34 000).

Quelle profession peut s'enorgueillir d'un tel sinistre score, multiplier par dix en dix années le nombre de ses praticiens ? Voilà une belle bulle qui est en train de se fissurer et qui va nous péter à la gueule. « Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel » dit-on à la bourse.

Dans quelle folie sommes nous tombés en créant une "profession" qui n'est pas une profession de santé et qui en pleine schizophrénie dit qu'elle va soigner tels ou tels maux, alors que la loi les autorise à prendre en charge uniquement les troubles fonctionnels ? Allez comprendre et surtout expliquer ça aux patients et malades transformés en consommateurs de soins.

Les responsables ? Ne cherchez pas loin, ils sont là, directeurs de ces écoles privées à but lucratif, spécialistes du tiroir caisse ayant depuis longtemps abandonnés peu ou prou la pratique de l'ostéopathie. Salaires à gogo, dividendes de trader. Rien de nouveau, le fric roi en pleines années « bling bling » et un pouvoir politique toutes tendances confondues qui n'a pas pris ses responsabilités, avide de clientélisme.

Et la déontologie du formateur à l'égard de l'étudiant dans tout ça ? Que nenni, le fric vous dis-je.

« Métier d'avenir, honoraires confortables, prises en charges de tous ceux que la médecine a laissés pour compte » peut-on lire sur les plaquettes luxueuses à la gloire de ces écoles.

Splendide miroir aux alouettes, mais ce sont eux ces étudiants qui pour l'instant se font plumer (ou leur parents).

En terme d'économie de la santé et des systèmes de soins, on nous apprend que lorsque un spécialiste s'installe même sur un marché dense, la demande de soins augmente qui plus est dans un système de prise en charge des soins par l’assurance maladie et les mutuelles. Dans ce même système, si c'est un généraliste qui s'installe, le « gâteau » n'augmente pas, ce qui veut dire que le nombre de praticiens se le partage avec le nouveau venu.

Dans un système non mutualisé ou à peine, nous sommes dans une relation directe avec le consommateur de soins. Même si la demande de recours à l'ostéopathie a augmenté, on entend souvent « mon ostéopathe » comme mon dentiste, mon médecin, le « gâteau » ne peut pas augmenter dans les mêmes proportions que le nombre de praticiens.

« Mort par décrets » vous dis-je. Il s'agit de la mort économique, bourse insuffisamment remplie ou vidée par les dépenses incompressibles des charges d'un cabinet. Plus grave, il s'agit aussi de la mort de l'ostéopathie. Ces jeunes professionnels, encore une fois je le rappelle, sont les dindons de la farce. Ils sont insuffisamment formés, les vraies connaissances médicales leurs échappent et leur « main » n'est pas là. Il n'y a pas de densité dans leur exercice. Les patients qui leur ont fait confiance n'auront pas le résultat attendu. Ils discréditeront cet art merveilleux qu'est l'ostéopathie. Elle sera perdue.

De nombreuses années seront nécessaires pour bâtir à nouveau la maison de l'ostéopathie et regagner la confiance des patients.

Mon tempérament naturellement optimiste et confiant en l'homme aujourd'hui ne répond pas présent.

A demain peut-être !

Bruno Geoffray

 

Ostéopathes, Hors-la-Loi :

« Nul n'est censé ignorer la loi »

Les décrets d'application de la loi de mars 2002 parus en 2007 autorisent aux seuls médecins titulaires du titre d'ostéopathe la prise en charge des nouveaux-nés ainsi que des nourrissons jusqu'à l'âge de 6 mois.

Au delà de cet âge, la prise en charge est partagée avec les autres titulaires non-médecins du titre d'ostéopathe, qu'ils soient professionnels de santé (kinésithérapeute) ou non professionnels de santé (ni médecin, ni kinésithérapeute).

Ces mêmes décrets réservent aux médecins titulaires du titre d'ostéopathe les pratiques manipulatives des cervicales.

Les autres ostéopathes ne peuvent exécuter ces actes (sur les bébés jusqu'à 6 mois ou sur le rachis cervical) qu'après établissement par un médecin d'un certificat de non-contre-indication.

Professionnels dans l'intérêt des patients et le votre, respectez strictement la loi.

Patients pour votre sécurité, faites respecter strictement la loi.

la suite : http://www.osteos.net/actu/art_1.php?id_txt=120

 

 

 

 
Syndicat des Médecins Ostéopathes de France
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