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Le Bulletin N° 13

 

LOMBALGIES ET MUSCLES



Très longtemps, on a pensé que la douleur lombaire avait une origine discale, ou articulaire, voire ligamentaire. De récents travaux tendent à prouver que le dysfonctionnement musculaire peut être une cause de la douleur.
A tort, pendant de nombreuses années on a évoqué chez le lombalgique le rôle des fléchisseurs du rachis avec en particulier le psoas, les abdominaux ou le carré des lombes et les muscles intertransversaires qui semblent agir dans la flexion latérale du rachis. 

Les méthodes d'investigations modernes des muscles = EMG, scanner, IRM et échographie avec tests cliniques rigoureux à l'appui ont démontré qu'en fait chez les lombalgiques il s'agissait presque toujours d'une dysfonction des extenseurs = les muscles spinaux avec chez les lombalgiques chroniques une réelle atrophie de 9 muscles spéciaux confirmée par l'échographie et l'IRM.

Parmi ces spinaux il semble que ce soit le Multifidus le principal responsable de la lombalgie. Le Multifidus est parmi les muscles spinaux le plus large et le plus médian. Il s'insère sur l'apophyse épineuse de chaque vertèbre lombaire pour aller s'ancrer plus bas sur les processus mamillaires, sur la crête iliaque et sur le sacrum. Il se caractérise par l'agencement segmentaire de ses faisceaux. L'action principale est représentée par un vecteur vertical perpendiculaire à l'apophyse épineuse. Chaque faisceau produit ainsi une rotation postérieure sagittale.

 Ainsi le Multifidus contrôle l'extension du rachis lombaire dans la rotation du tronc et s'oppose aux mouvements de flexion produit par les muscles abdominaux. Plusieurs études biomécaniques ont montré que le muscle Multifidus est essentiel pour la stabilité du rachis lombaire et le contrôle de sa mobilité. De nombreux travaux montrent les relations étroites qui existent entre les lombalgies et la statique rachidienne sagittale.

 Chez le sujet non lombalgique en position debout, les muscles spinaux sont au repos. Dans de nombreuses situations douloureuses, on constate qu'il existe un déplacement antérieur du centre de gravite. Jackson a montré que la verticale menée du milieu de C7 passe plus en avant chez le lombalgique.

De très nombreux travaux de la littérature ont montré qu'il existe des corrélations significatives entre la perte ou la diminution de la lordose lombaire et les lombalgies. Pour Takemitsu 90 % des sujets présentant une cyphose lombaire ont des lombalgies chroniques. Dans certains cas, le fait de faire reculer le centre de gravité en arrière des têtes fémorales suffit à faire disparaître les contractions musculaires et les douleurs.
Conséquences thérapeutiques :

Comme l'a démontré Hides et Mooney, le travail musculaire actif en particulier du multifidus chez le lombalgique chronique est efficace. Le repos contrairement aux idées anciennes est néfaste. Le renforcement des spinaux entraîne une diminution de l'infiltration graisseuse, une augmentation de l'amplitude, une meilleure résistance à l'effort et une disparition progressive de la douleur.

On essaie de recréer une lordose lombaire correcte, on assouplit les fléchisseurs de hanches, particulièrement les psoas et on étire les ischio jambiers.

Enfin, pendant la phase aiguë, la ceinture de contention baleinée peut aider, elle fait fondre la graisse abdominale mais comme l'a montré Hamonet (Créteil) elle n'atrophie absolument pas les muscles extérieurs au contraire elle renforce la proprioceptivité et peut aider à rétablir le déséquilibre antérieur dans un premier temps.

Dr D.FELTESSE -D'après une communication du Docteur C.MARTY (Hôpital Raymond Poincaré - Garches) Rhumatologie pratique (Avril 2000)

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