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LOMBALGIES
ET MUSCLES
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Très longtemps,
on a pensé que la douleur lombaire avait
une origine discale, ou articulaire, voire
ligamentaire. De récents travaux tendent
à prouver que le dysfonctionnement musculaire
peut être une cause de la douleur.
A tort, pendant de nombreuses années on
a évoqué chez le lombalgique le rôle des
fléchisseurs du rachis avec en particulier
le psoas, les abdominaux ou le carré des
lombes et les muscles intertransversaires
qui semblent agir dans la flexion latérale
du rachis.
Les méthodes d'investigations modernes
des muscles = EMG, scanner, IRM et échographie
avec tests cliniques rigoureux à l'appui
ont démontré qu'en fait chez les lombalgiques
il s'agissait presque toujours d'une dysfonction
des extenseurs = les muscles spinaux avec
chez les lombalgiques chroniques une réelle
atrophie de 9 muscles spéciaux confirmée
par l'échographie et l'IRM.
Parmi ces spinaux il semble que ce soit
le Multifidus le principal responsable
de la lombalgie. Le Multifidus est parmi
les muscles spinaux le plus large et le
plus médian. Il s'insère sur l'apophyse
épineuse de chaque vertèbre lombaire pour
aller s'ancrer plus bas sur les processus
mamillaires, sur la crête iliaque et sur
le sacrum. Il se caractérise par l'agencement
segmentaire de ses faisceaux. L'action
principale est représentée par un vecteur
vertical perpendiculaire à l'apophyse
épineuse. Chaque faisceau produit ainsi
une rotation postérieure sagittale.
Ainsi le Multifidus contrôle l'extension
du rachis lombaire dans la rotation du
tronc et s'oppose aux mouvements de flexion
produit par les muscles abdominaux. Plusieurs
études biomécaniques ont montré que le
muscle Multifidus est essentiel pour la
stabilité du rachis lombaire et le contrôle
de sa mobilité. De nombreux travaux montrent
les relations étroites qui existent entre
les lombalgies et la statique rachidienne
sagittale.
Chez le sujet non lombalgique en
position debout, les muscles spinaux sont
au repos. Dans de nombreuses situations
douloureuses, on constate qu'il existe
un déplacement antérieur du centre de
gravite. Jackson a montré que la verticale
menée du milieu de C7 passe plus en avant
chez le lombalgique.
De très nombreux travaux de la littérature
ont montré qu'il existe des corrélations
significatives entre la perte ou la diminution
de la lordose lombaire et les lombalgies.
Pour Takemitsu 90 % des sujets présentant
une cyphose lombaire ont des lombalgies
chroniques. Dans certains cas, le fait
de faire reculer le centre de gravité
en arrière des têtes fémorales suffit
à faire disparaître les contractions musculaires
et les douleurs.
Conséquences thérapeutiques :
Comme l'a démontré Hides et Mooney, le
travail musculaire actif en particulier
du multifidus chez le lombalgique chronique
est efficace. Le repos contrairement aux
idées anciennes est néfaste. Le renforcement
des spinaux entraîne une diminution de
l'infiltration graisseuse, une augmentation
de l'amplitude, une meilleure résistance
à l'effort et une disparition progressive
de la douleur.
On essaie de recréer une lordose lombaire
correcte, on assouplit les fléchisseurs
de hanches, particulièrement les psoas
et on étire les ischio jambiers.
Enfin, pendant la phase aiguë, la ceinture
de contention baleinée peut aider, elle
fait fondre la graisse abdominale mais
comme l'a montré Hamonet (Créteil) elle
n'atrophie absolument pas les muscles
extérieurs au contraire elle renforce
la proprioceptivité et peut aider à rétablir
le déséquilibre antérieur dans un premier
temps.
Dr D.FELTESSE -D'après
une communication du Docteur C.MARTY (Hôpital
Raymond Poincaré - Garches) Rhumatologie
pratique (Avril 2000)
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