PRATIQUE
DE L'OSTEOPATHIE ET DE LA CHIROPRACTIE :
LISTE
DES TECHNIQUES UTILISÉES ET DES PATHOLOGIES SOIGNÉES
RECOMMANDATIONS DE BONNES PRATIQUES
Annexe rédigée par la
commission qualité de l’AIDMO
REFERENTIEL
DE L’ACTE MEDICAL OSTEOPATHIQUE
Avant d’établir des référentiels
de bonne pratique spécifiques à différentes
pathologies en médecine ostéopathique, nous avons
décidé de proposer un référentiel
général qui définit le volet ostéopathique
de la prise en charge du patient par le médecin ostéopathe.
Précisons que cette séparation entre volet médical
et volet ostéopathique de la prise en charge du patient
par le médecin ostéopathe n’est ici induite
que pour des raisons de simplification de l’exposé,
et afin d’éviter les redites.
En pratique, l’abord du médecin ostéopathe
sera parfaitement global, conformément à sa formation
complète.
Pour ce qui est de la prise en charge médicale, nous
nous référerons toujours aux recommandations de
l’ANAES
Pour ce qui est de la prise en charge plus spécifiquement
ostéopathique, nous nous référerons aux
principes généraux de l’ostéopathie
:
· Globalité
· Interaction structure-fonction
· Homéostasie (capacité d’auto guérison,
de ré-harmonisation du corps à partir d’une
action externe)
DIAGNOSTIC
· Interrogatoire :
Orienté plus spécifiquement dans l’approche
ostéopathique vers :
Antécédents obstétricaux et néo-natals,
encore plus importants dans la prise en charge du nouveau-né
et de l’enfant. Seront en particulier recherchés
:
- les pathologies de la grossesse de la mère.
- le terme de l’accouchement.
- la durée et la qualité du travail.
- le type de présentation.
- l’utilisation d’aides instrumentales à
l’extraction (forceps, ventouse).
- la vitalité à la naissance (Apgar)
Antécédents
traumatiques : chutes (surtout dans l’enfance), accidents
d’automobile, accidents de sport, interventions chirurgicales,
chocs émotionnels majeurs.
Ces antécédents traumatiques sont à rechercher
par l’interrogatoire, mais aussi pas l’examen clinique
complet qui doit rechercher des traces de traumatismes oubliés.
Habitus : contraintes d’efforts ou de positions du métier
ou des activités de loisir, sommeil, stress, conflits
affectifs.
Douleurs locales et projetées à distance, exprimées
par le patient et souvent motif de la consultation. Le praticien
fera préciser :
leur siège, leur intensité, leur ancienneté,
leur rythme, leur vécu
o Limitation articulaire locale et globale, exprimée
spontanément par le patient ou recherchée à
l’interrogatoire afin d’apprécier le degré
d’impotence fonctionnelle (gène à l’accomplissement
des actes de la vie quotidienne habituelle, de la vie professionnelle,
des loisirs).
· Examen clinique :
Statique
Analyse des asymétries structurelles ou fonctionnelles
(rachis, membres, crâne)
Analyse des anomalies posturales (voûtes plantaires, occlusion
mandibulaire, convergence oculaire)
Dynamique
L’examen plus spécifiquement ostéopathique
est orienté vers la recherche de zones de restriction
de mobilité tissulaire et/ou articulaire. Il se fait
par :
L’observation des gestes spontanés du patient (lever,
marche, s’asseoir, préhension, déshabillage,
coucher etc.)
L’observation de mouvements actifs demandés au
patient pour mobiliser différentes régions anatomiques.
La mobilisation par le praticien de différentes structures
tissulaires et/ou articulaires, afin d’apprécier
qualité et quantité de mouvement de façon
bilatérale comparative, ainsi que l’existence de
douleurs provoquées par les manœuvres. Ces mobilisations
diagnostiques pourront être globales pour un examen de
débrouillage systématique, et plus précises
locales, segmentaires, mono-articulaires pour affiner le diagnostic
ostéopathique.
Palpation
Elle recherche des zones de modifications tissulaires : raideur,
induration, épaississement.
Cet examen palpatoire est un temps essentiel et très
spécifique de l’examen ostéopathique. Il
met en évidence la modification d’élasticité
ou de visco-élasticité des tissus.
On peut y inclure pour certains l’« écoute
» ostéopathique qui consiste à percevoir
la réponse spontanée des tissus du patient au
stimulus induit par une légère pression des mains
de l’opérateur.
Rappelons aussi dans le cadre de l’examen clinique médical
classique l’importance de l’examen neurologique
complet, mais aussi cardio-vasculaire, pulmonaire et digestif
pour ne citer qu’eux.
· Examens complémentaires
Ils sont identiques à ceux de la démarche médicale
classique, et comprennent en fonction des besoins diagnostics
l’imagerie médicale (radiographie, échographie,
scanner, IRM), la biologie, les explorations électrophysiologiques,
les avis spécialisés.
Cette démarche aboutit à un diagnostic médical
et ostéopathique, déterminant la stratégie
thérapeutique.
TRAITEMENT
Il est décidé au terme de la démarche diagnostique
si le traitement spécifique ostéopathique :
· est utile et suffisant.
· est utile mais insuffisant, la pathologie du patient
rendant nécessaire une prise en charge médicale
classique et/ou chirurgicale.
· est inutile voire contre-indiqué.
Si un traitement ostéopathique est décidé,
il fait appel à différents moyens utilisés
en fonction du patient et du praticien :
L’AJUSTEMENT GLOBAL OSTEOPATHIQUE (ou
traitement général ostéopathique). Son
action se fait simultanément dans trois axes : articulaire
(mobilisation articulaire par rotation ample à grand
bras de levier avec rythme selon une routine), vasculaire (pompage
et drainage du système circulatoire), neurologique (principalement
sur les composantes du système nerveux autonome).
TECHNIQUES
SUR LES ARTICULATIONS (rachis, thorax, bassin, appareil
locomoteur).
- Manœuvre avec impulsion (dite de thrust) : manipulations
vertébrales et périphériques, ajustement
articulaire précis de haute vélocité, faible
amplitude et grands bras de levier.
- Manœuvre dite « strain / counterstrain (Jones)
: placement maintenu de l’articulation en position antalgique
puis retour en position de repos.
- Manœuvre dite « recoil » : impulsion correctrice
sans mobilisation, de grande précision centrée
sur la restriction de mobilité dont les composantes ont
été recrutées.
TECHNIQUES SUR LES TISSUS MOUS.
- Massage.
- Myotensif (contracté/ relâché).
- Autres techniques sur les muscles (pression ponçage
de points réflexes, étirement passif, détente
du muscle par raccourcissement passif prolongé, décordage,
massage transverse profond).
- Fascias (étirement selon une composante structuro-fonctionnelle
(volontaire) ou écoute passive guidée par les
tensions tissulaires (involontaire).
- Viscères : mêmes techniques que pour les fascias
(action sur les éléments de fixation et de soutien
des organes : ligaments, fascias, mésos).
- Crânio-Sacrées. Techniques essentiellement d’écoute
sur l’axe cranio-sacré mais aussi sur n’importe
quelle autre partie du corps à partir des composantes
du Mécanisme Respiratoire Primaire (MRP)...
Il faut noter que ce traitement
sera appliqué dans les zones où l’examen
ostéopathique a décelé des anomalies, et
qui ne sont souvent pas les zones douloureuses.
Evaluation du résultat
de cette thérapeutique ostéopathique
Un nouvel examen ostéopathique post-thérapeutique
apprécie la nouvelle situation (douleur, restriction
tissulaire…).).
Le retour à la normale peut ne pas être immédiat,
rendant souhaitable un contrôle à distance.
La prévention des récidives est essentielle dans
toute prise en charge ostéopathique.
Elle impose la recherche des causes de la pathologie, et fait
appel à différents moyens :
Conseils d’hygiène de vie sur le plan général.
prophylaxie gestuelle et posturale.
Technique de rééducation :massages, à la
physiothérapie, à la musculation spécifique,
techniques d’étirements musculo-fasciaux (type
Mézières), etc…
Gestion du stress par la pratique de la relaxation, l’hypnose,
les psychothérapies, etc….
Correction posturale par une correction des appuis plantaires
(semelles orthopédiques), un traitement orthodontique,
une rééducation orthoptique spécifique,
etc...
L’efficacité de ces moyens préventifs nécessite
toujours une évaluation régulière de leur
efficacité par le médecin ostéopathe.