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Adhesion 2005

Le site des médecins Ostéopathes

 

CONTRIBUTION N° 3
 

Réunion du groupe de travail sur l'ostéopathie et la chiropractie à la date du 4 Novembre 2003

Page 3 bis

ANNEXE 2

Faut il faire des radiographies systématiques avant manipulation ?
Recommandations de la SOFMMOO

La question de la nécessité de radiographies systématiques avant manipulation, en particulier vertébrale, a fait l'objet d'une session des 16èmes Actualités Médicales du Rachis (juin 2003), session organisée par la SOFMMOO. Les praticiens de Médecine Manuelle sont en effet dans une situation floue, comme en témoignent leurs réactions sur ce site avant la tenue de cette Table Ronde.

D'un côté, les traités classiques de Médecine Manuelle n'abordent pas directement cette question. D'autre part, l'ensemble des recommandations internationales ("guidelines") insistent avec force sur l'inutilité des radiographies systématiques, celles ci n'étant indiquées qu'en cas de présence de signes d'alerte ("red flags"). Ces signes sont cliniques et sont rappelés dans l'encadré I. Leur recherche doit être conduite avec rigueur et constitue un véritable acte médical.

Les recommandations qui découlent de leur présence s'appuient sur le concept de médecine fondée sur des preuves et sont justifiées par le fait que les radiographies coûtent cher, que l'irradiation subie par le patient n'est pas négligeable et que la mise en évidence d'anomalies non ou peu significatives pourrait avoir une influence négative sur la façon dont il perçoit sa douleur en favorisant le passage à la chronicité.

Notons dès maintenant qu'il s'agit pour ces recommandations de radiographies à visée diagnostique et non pas de radiographies destinées à évaluer un risque manipulatif (mais nous verrons que ces deux concepts se recouvrent) et qu'elles sont destinées à la pathologie lombaire, le cas du rachis cervical n'étant pas directement évoqué.

Fracture : traumatisme majeur (chute, AVP) ou traumatisme mineur (soulèvement de lourde charge) chez un sujet âgé ou potentiellement ostéoporotique, douleur thoracique (selon les guidelines)
Tumeur ou infection : sujet de moins de 20 ans ou plus de 50 ans (ou 55 ans, selon les guidelines), antécédents de cancer, fièvre récente, frissons, amaigrissement inexpliqué, récente infection bactérienne, immuno-dépression, drogues IV, douleur nocturne sévère, douleur s'aggravant en décubitus, douleur thoracique (selon les guidelines)
Syndrome de la queue de cheval : anesthésie en selle, survenue récente d'un dysfonctionnement vésical, déficit neurologique des membres inférieurs d'apparition progressive ou sévère.
Sources : Guidelines britanniques et Guidelines américains
Note : la chronicité de la douleur (évolution depuis plus de 3 mois) est pour l'ANAES une indication à la pratique des radiographies standard

D'un autre côté, l'ANAES, dans ses recommandations sur l'imagerie de la lombalgie, écrit que "En dehors de la recherche d'une lombalgie symptomatique, il n'y a pas lieu de demander d'examen d'imagerie dans les sept premières semaines d'évolution, sauf quand les modalités du traitement choisi (comme manipulation et infiltration) exigent d'éliminer formellement toute lombalgie spécifique".

De plus, la jurisprudence fait constamment apparaître qu'en cas de complication post manipulative, l'absence de radiographie est considérée par l'expert judiciaire comme une marque d'absence de soins compétents (circonstance aggravante), même s'il est patent que la pratique de radiographies préalables n'aurait en aucun cas pu prévenir la survenue de la complication en cause.

Dans ce contexte, deux positions sont possibles. La première est que l'interrogatoire et l'examen clinique bien conduits sont suffisants pour éveiller l'attention du praticien et lui indiquer quand il faut faire une radiographie (ou tout autre examen d'imagerie) et quand il est inutile d'en faire une. Les avantages sont liés à l'économie du coût des radiographies, à l'irradiation épargnée aux patients et à l'absence des conséquences négatives que pourraient avoir la découvertes d'anomalies minimes.

La seconde est à l'opposé : les radiographies systématiques permettent de faire le diagnostic d'affections dépourvues de symptômes et de signes cliniques spécifiques, donc se confondant avec une douleur commune, mais suffisamment évoluées et graves pour fragiliser la vertèbre ou le névraxe au point qu'une manipulation pourrait entraîner une grave complication. Elles permettraient également, règle non écrite, mais bien présente à l'esprit, de se garantir du point de vue médico-légal, pour la raison évoquée plus haut.

Une réflexion s'imposait donc sur ce thème. La démarche suivie par la SOFMMOO a été la suivante : les cinq communications faites aux 16èmes AMR ainsi que les divers commentaires des membres de notre société ont constitué le point de départ de cette réflexion. Des discussions s'en sont suivies. Le texte que l'on va lire a été rédigé par J.Y. Maigne, initiateur de cette démarche, et a été relu et amendé par les Drs G. Berlinson, F. Dumont, J.C. Goussard, M. Marty et P. Vautravers.

Les régions lombaires, thoraciques et cervicales ont été envisagées séparément en examinant les différentes complications possibles des manipulations vertébrales et en cherchant pour chacune quel pouvait être l'apport préventif de la radiographie standard. Notre définition de la manipulation est celle de R. Maigne : "manoeuvre unique, brève et sèche qui porte un segment mobile au delà de son jeu habituel tout en restant dans les limites anatomiques. Elle s'accompagne en général d'un bruit de craquement." Cette définition exclue donc les techniques de mobilisations, les étirements, les tractions, les massages et les techniques myotens