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Adhesion 2005

 

CONTRIBUTION N° 3
 

Réunion du groupe de travail sur l'ostéopathie et la chiropractie à la date du 4 Novembre 2003

Page 5

ANNEXE 2

Faut il faire des radiographies systématiques avant manipulation ?
Recommandations de la SOFMMOO

Rachis thoracique

Compression radiculo-médullaire

Les complications observées après manipulation du rachis thoracique sont de même nature que celles évoquées ci dessus pour le rachis lombaire. Il n'y a pas syndrome de la queue de cheval mais compression médullaire. Le seul cas différent est celui de l'angiome actif compliqué, dont la localisation est préférentiellement thoracique (dans 86% des cas). Il est plus fréquent chez la femme, en particulier lors d'une grossesse, se révélant soit par des rachialgies, soit par une compression radiculo-médulaire de survenue rapide, post traumatique ou spontané (fracture ou hématome épidural) (Castel). L'IRM est l'examen de choix.
La survenue d'une douleur de localisation thoracique représente, pour les "guidelines" en particulier britanniques, un signe d'alerte nécessitant une radiographie. Cette recommandation n'est pas présente dans d'autres "guidelines". La SOFMMOO recommande de ne pratiquer des radiographies qu'en cas de signes d'alerte ou de chronicité. En cas de doute chez la femme enceinte, un traitement médicamenteux est préférable à la manipulation, avant de décider d'une IRM.

Tassement ostéoporotique

Les mêmes remarques que celles faites pour le rachis lombaire peuvent être faites ici. Nous n'y reviendrons pas.

Fracture de côte

Une fracture de côte est excceptionnellement possible lors de certaines techniques manipulatives prenant appui sur le plastron sterno-costal. Ce risque existe chez toute personne âgée et doit conduire à la prudence lors de la réalisation de ces manœuvres. La radiographie ne peut remplacer cette nécessaire prudence.

Rachis cervical

Dissection vertébrale

La dissection de l'artère vertébrale est la complication la plus sérieuse des manipulations. Elle est imprévisible dans l'état actuel de nos connaissances et personne ne discute l'absence d'intérêt de la radiographie. Si le Doppler semble une voie de recherche intéressante (Haynes), sa pratique systématique n'a à ce jour reçu aucune validation. La seule prévention possible est de se plier aux recommandations de la SOFMMOO qui déconseille la pratique de manipulations en rotation chez la femme de moins de 50 ans.

Aggravation d'une fracture ou d'une entorse cervicale

Les fractures ou entorses cervicales graves peuvent survenir après un traumatisme en général assez violent, mais parfois modeste, en particulier chez le sujet âgé (fracture de l'odontoïde, susceptible de se déplacer secondairement) ou ostéoporotique. La règle absolue est d'obtenir des radiographies après tout traumatisme cervical suivi de douleurs non régressives. Il faut pouvoir visualiser l'odontoïde chez le sujet âgé, et disposer de radiographies dynamiques en flexion extension (à réaliser huit jours après l'accident) pour dépister une entorse grave avec instabilité. Deux publications récentes rappellent cette nécessité (Brynin, Crowther).

Aggravation d'une radiculalgie ou d'une cervicalgie

Comme pour la lombalgie et la sciatique, une cervicalgie ou une névralgie cervico-brachiale peut être passagèrement aggravée par une manipulation dont l'indication a été mal posée, avec retour rapide à l'état antérieur. Exceptionnellement et dans certaines circonstances cliniques particulières, cette aggravation peut s'avérer durable, mettant en cause la responsabilité du médecin. La présence d'un état arthrosique du rachis cervical, d'une sténose serrée des foramen intervertébraux peuvent constituer des contre-indications relatives aux manipulations. Le rachis cervical étant, a priori, plus fragile que le rachis lombaire, la pratique de radiographies systématiques avant manipulation paraît devoir être recommandée.

Cas particulier des malformations de charnière cranio-cervicale

Les malformations de charnière cranio-cervicale peuvent être osseuses (impression basilaire, bloc vertébral), nerveuses (Arnold-Chiari) ou mixtes. Des radiographies normales n'excluent en aucun cas une malformation nerveuse et le diagnostic repose sur l'IRM. La conséquence la plus classique de la malformation d'Arnold-Chiari est la syringomyélie, dont la manifestation clinique est souvent une vague névralgie cervico-brachiale (avec inversion du réflexe tricipital). Malgré l'absence de parallélisme radio-clinique, et l'absence de données de la littérature, la possibilité de malformations osseuses sont une raison de demander des radiographies avant manipulation.