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ANNEXE
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Faut il faire des radiographies systématiques avant manipulation
?
Recommandations de la SOFMMOO
Rachis
thoracique
Compression radiculo-médullaire
Les complications observées après manipulation
du rachis thoracique sont de même nature que celles évoquées
ci dessus pour le rachis lombaire. Il n'y a pas syndrome de
la queue de cheval mais compression médullaire. Le seul
cas différent est celui de l'angiome actif compliqué,
dont la localisation est préférentiellement thoracique
(dans 86% des cas). Il est plus fréquent chez la femme,
en particulier lors d'une grossesse, se révélant
soit par des rachialgies, soit par une compression radiculo-médulaire
de survenue rapide, post traumatique ou spontané (fracture
ou hématome épidural) (Castel). L'IRM est l'examen
de choix.
La survenue d'une douleur de localisation thoracique représente,
pour les "guidelines" en particulier britanniques,
un signe d'alerte nécessitant une radiographie. Cette
recommandation n'est pas présente dans d'autres "guidelines".
La SOFMMOO recommande de ne pratiquer des radiographies qu'en
cas de signes d'alerte ou de chronicité. En cas de doute
chez la femme enceinte, un traitement médicamenteux est
préférable à la manipulation, avant de
décider d'une IRM.
Tassement ostéoporotique
Les mêmes remarques que celles faites pour le rachis lombaire
peuvent être faites ici. Nous n'y reviendrons pas.
Fracture
de côte
Une fracture de côte est excceptionnellement possible
lors de certaines techniques manipulatives prenant appui sur
le plastron sterno-costal. Ce risque existe chez toute personne
âgée et doit conduire à la prudence lors
de la réalisation de ces manœuvres. La radiographie
ne peut remplacer cette nécessaire prudence.
Rachis
cervical
Dissection vertébrale
La dissection de l'artère vertébrale est la complication
la plus sérieuse des manipulations. Elle est imprévisible
dans l'état actuel de nos connaissances et personne ne
discute l'absence d'intérêt de la radiographie.
Si le Doppler semble une voie de recherche intéressante
(Haynes), sa pratique systématique n'a à ce jour
reçu aucune validation. La seule prévention possible
est de se plier aux recommandations de la SOFMMOO qui déconseille
la pratique de manipulations en rotation chez la femme de moins
de 50 ans.
Aggravation d'une fracture ou d'une entorse cervicale
Les fractures ou entorses cervicales graves peuvent survenir
après un traumatisme en général assez violent,
mais parfois modeste, en particulier chez le sujet âgé
(fracture de l'odontoïde, susceptible de se déplacer
secondairement) ou ostéoporotique. La règle absolue
est d'obtenir des radiographies après tout traumatisme
cervical suivi de douleurs non régressives. Il faut pouvoir
visualiser l'odontoïde chez le sujet âgé,
et disposer de radiographies dynamiques en flexion extension
(à réaliser huit jours après l'accident)
pour dépister une entorse grave avec instabilité.
Deux publications récentes rappellent cette nécessité
(Brynin, Crowther).
Aggravation d'une radiculalgie ou d'une cervicalgie
Comme pour la lombalgie et la sciatique, une cervicalgie ou
une névralgie cervico-brachiale peut être passagèrement
aggravée par une manipulation dont l'indication a été
mal posée, avec retour rapide à l'état
antérieur. Exceptionnellement et dans certaines circonstances
cliniques particulières, cette aggravation peut s'avérer
durable, mettant en cause la responsabilité du médecin.
La présence d'un état arthrosique du rachis cervical,
d'une sténose serrée des foramen intervertébraux
peuvent constituer des contre-indications relatives aux manipulations.
Le rachis cervical étant, a priori, plus fragile que
le rachis lombaire, la pratique de radiographies systématiques
avant manipulation paraît devoir être recommandée.
Cas particulier des malformations de charnière
cranio-cervicale
Les malformations de charnière cranio-cervicale peuvent
être osseuses (impression basilaire, bloc vertébral),
nerveuses (Arnold-Chiari) ou mixtes. Des radiographies normales
n'excluent en aucun cas une malformation nerveuse et le diagnostic
repose sur l'IRM. La conséquence la plus classique de
la malformation d'Arnold-Chiari est la syringomyélie,
dont la manifestation clinique est souvent une vague névralgie
cervico-brachiale (avec inversion du réflexe tricipital).
Malgré l'absence de parallélisme radio-clinique,
et l'absence de données de la littérature, la
possibilité de malformations osseuses sont une raison
de demander des radiographies avant manipulation.