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CONTRIBUTION
N° 3 |
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Réunion
du groupe de travail sur l'ostéopathie et la chiropractie
à la date du 4 Novembre 2003
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Page 7
Recommandations
de la SOFMMOO
Prévention
des accidents vertébro-basilaires après manipulation
cervicale - Recommandations de la SOFMMOO
Introduction
Les textes et communications présentés aux l0èmes
Actualités Médicales du Rachis soulignent la possibilité
de survenue d'un accident vasculaire après une manipulation
cervicale. Ces accidents sont très rares : leur fréquence,
telle qu'elle apparaît dans la littérature, peut
être estimée à environ un cas sur un million
de manipulations. Mais ils peuvent être graves.
De plus, il est probable qu'il existe des cas mineurs, comportant
simplement un état vertigineux ou nauséeux pendant
deux à trois jours après la manipulation, l'ensemble
régressant spontanément. Ces cas pourraient correspondre
à un simple spasme vasculaire. Ils ont cependant valeur
d'alerte et doivent rendre prudent quant aux modalités
d'un traitement ultérieur.
Au cours de cette table ronde, l'un des intervenants a insisté
sur les modifications anatomiques qui prédisposent à
ce type d'accident, à savoir une hypermobilité
en C1-C2 associée avec une boucle artérielle vertébrale
C1-C2 trop peu développée. Malheureusement, cette
anomalie n'est pas détectable de façon simple.
Les manipulations le plus souvent en cause semblent être
celles où la composante rotatoire est importante, puisqu'elle
met directement en tension l'artère vertébrale.
Enfin, il y a eu unanimité pour considérer que
les tests pré-manipulatifs n'avaient pas de réelle
valeur prédictive.
Puisque ce type d'accident est totalement imprévisible,
la seule façon d'en diminuer la fréquence est
de diminuer le recours aux manipulations cervicales, en particulier
celles qui utilisent la rotation. C'est la femme de moins de
50 ans qui parait le plus souvent atteinte par ce type de complications.
C'est donc sur elle que doit se focaliser la prévention.
Les recommandations de la Société Française
de Médecine Manuelle Orthopédique et Ostéopathique
sont les suivantes :
Première
recommandation
Au cours de l'interrogatoire, il est essentiel de questionner
la patiente afin de savoir si elle a déjà eu un
traitement par manipulation cervicale et si ce traitement a
été suivi d'effets indésirables, en particulier
vertiges ou état nauséeux.
Commentaire : Cette constatation amènerait à contreindiquer
formellement toute manipulation cervicale dans la crainte d'une
possible récidive, éventuellement sur un mode
plus grave.
Deuxième
recommandation
Devant un ou une patiente présentant une cervicalgie
d'apparition très récente, un examen neurologique
simple est indispensable afin d'éliminer un accident
vertébro-basilaire ischémique en cours de constitution
qui, on le sait, peut se manifester par des douleurs cervicales.
Commentaire : Dans ce cas, la douleur est apparue depuis un
à deux jours et elle est postérieure ou latérale.
Elle s'accompagne souvent de manifestations diverses (céphalées,
nausées, petites sensations vertigineuses...). L'examen
neurologique doit comporter au moins une étude des réflexes
du membre supérieur et, en cas d'anomalie, être
plus approfondi.
Troisième
recommandation
Les manipulations cervicales sont absolument contre indiquées
lorsque la douleur pour laquelle le patient est venu consulter
ne peut être rapportée au rachis cervical.
Commentaire : En particulier, il est inacceptable que des patients
venus pour une lombalgie voient leur rachis cervical manipulé
sous des prétextes divers et contestables. Dans le cas
de douleurs dorsales hautes qui peuvent être des douleurs
projetées à partir du rachis cervical, il est
important de faire constater au patient la présence d'une
dysfonction cervicale et de lui expliquer pourquoi on la traite.
Il en est de même pour certaines douleurs projetées
du membre supérieur.
Quatrième
recommandation
Le médecin manipulateur ne doit pas pratiquer de manipulation
cervicale s'il n' a pas au moins un an d'exercice continu des
techniques manipulatives depuis l'acquisition de son diplôme.
Commentaire : La reconnaissance par l'Ordre d'un diplôme
de Médecine Manuelle-Ostéopathie dans un cadre
universitaire est, a cet égard, un élément
important a prendre en considération.
Cinquième
recommandation
Il n'est pas recommandé de recourir aux manipulations
cervicales rotatoires chez la femme de moins de 50 ans.
Commentaire : On utilisera plutôt, outre
les traitements médicamenteux classiques, des traitements
manuels consistant en mobilisations et étirements du
rachis cervical, en techniques myotensives, ou en manipulations
du rachis thoracique supérieur. Ces manipulations permettent
d'étirer et de détendre des muscles aussi importants
que les splénius ou les semispinalis dont on sait que
l'insertion basse se fait jusqu'en T4-T5 voire T6.
Il faut aussi noter qu'il existe des arguments scientifiques
pour penser que les manipulations en latéro-flexion cervicale
sont sans risque particulier (absence de ralentissemnt du flux
sanguin vertébral mesuré par Doppler lors de la
latéro-flexion)..
Les techniques en rotation, a priori sans aucun risque chez
les sujets de plus de 50 ans, doivent être faites avec
beaucoup de douceur et précédées d'une
mise en tension poussée pendant environ dix secondes
afin d'améliorer la compliance des tissus. En effet,
et bien que ceci n'est jamais été montré,
il est très probable que le risque vasculaire est proportionnel
à la puissance de l'impulsion manipulative.
Enfin, il parait indispensable d'expliquer au patient la possibilité
de vertiges ou de maux de tête après le traitement,
dont la survenue nécessiterait de contacter immédiatement
le médecin.
Voir aussi :
Les recommandations de la Société Britannique
de Médecine Orthopédique :
http://www.soc-ortho-med.org/vba.htm
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Contribution
n°3 d’Ostéos de France
Définition des Actes – Recommandations de bonnes
pratiques
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