<%@LANGUAGE="VBSCRIPT" CODEPAGE="1252"%> Ostéos de France - Le Bulletin N° 24
 
 
 

Adhesion 2005

      
BULLETIN N°24 - JUILLET 2004
 

POUR LA DEFENSE DE LA SEMIOLOGIE OSTEOPATHIQUE
ET SON INTEGRATION DANS LA PRATIQUE MEDICALE


Par le Docteur Alain Cassourra

À ce jour, l'actualité aidant, universitaires, professeurs de médecine, membres de l'académie de médecine s'intéressent à l'ostéopathie. Nous, médecins ostéopathes, ne pouvons que les remercier pour l'intérêt qu'ils portent à une pratique longtemps méprisée, dénigrée par le monde médical, puis récupérée et réduite à sa plus simple expression : la manipulation vertébrale.

Engager un dialogue est aujourd'hui une nécessité, tout comme affirmer l'identité de l'ostéopathie. Cette identité justifie pleinement l'appellation de médecin ostéopathe. Dans ce contexte, je m'inquiète à entendre une idée circuler qui dirait en substance : Il n'y a pas de sémiologie ostéopathique spécifique, il s'agit toujours d'un diagnostic médical auquel on applique un traitement ostéopathique.

De tels propos doivent nous alerter pour deux raisons : ils nient l'existence même de l'ostéopathie et ils privent la médecine de demain d'une richesse sémiologique qui ne peut que l'enrichir.

Si l'on considère le patient et son unicité, la sémiologie est une et indivisible, cependant si l'on considère la sémiologie médicale enseignée dans les facultés de médecine, sémiologie qui nous a été enseignée, et la sémiologie ostéopathique, force est de constater qu'il existe bien deux sémiologies différentes ; chacune concourt à une meilleure compréhension du patient. Affirmer qu'il n'existe pas de sémiologie ostéopathique relève d'une méconnaissance de l'ostéopathie.

La sémiologie ostéopathique passe par l'éducation de la main, à la recherche de restriction de mobilité, de tension tissulaire, de réaction tissulaire à une contrainte mécanique exercée par le thérapeute. Comme toute sémiologie, elle nécessite un apprentissage spécifique, elle enrichit l'examen clinique. Les médecins étudiant l'ostéopathie sont tous unanimes sur ce point ; que plus tard ils pratiquent ou non, tous confirment : j'aurais au moins appris à mieux examiner mon patient.

De la même façon qu'il existe une sémiologie ostéopathique, il existe un
diagnostic ostéopathique, diagnostic différent du diagnostic médical ; chacun concourt à une meilleure compréhension du patient. Si le diagnostic médical peut être une indication voir une contre-indication à un traitement ostéopathique, ce sont bien le diagnostic ostéopathique et la sémiologie ostéopathique qui guident le traitement manipulatif.

Le traitement manipulatif présente une grande diversité de techniques, allant du " thrust " (le crac), à des techniques d'étirement, de myotensif, de rebonds, de strain-counterstrain, de déroulement de tensions tissulaires, de compression... Le choix des techniques sera orienté par le diagnostic médical, mais le fil directeur reste du domaine de l'ostéopathie.

Être médecin et ostéopathe nous amène à faire la synthèse de deux approches, deux lectures, deux interprétations différentes et complémentaires. Le mot interprétation peut choquer, mais le diagnostic médical reste bien l'interprétation d'une sémiologie clinique, biologique, d'une imagerie, limitée par les connaissances scientifiques à l'instant du diagnostic

posé. Il en va de même pour le diagnostic ostéopathique. À ce jour les évaluations critiques des preuves scientifiques concernant l'ostéopathie, en particulier dans le champ crânien, ont souvent abouti à constater le manque de fiabilité inter examinateur de l'examen ostéopathique, tout en constatant une fiabilité intra-examinateur ; cela doit amener les ostéopathes à s'interroger sur leur pratique et son évaluation.

Cela ne donne pas pour autant droit de censure à des praticiens qui, n'ayant pas l'abord ostéopathique, méconnaissent sa réalité. Le dialogue doit donc se poursuivre en commençant par définir une terminologie compréhensible et admise par tous. Les faits doivent être analysés sans dogme.

La plupart des principes d'une ostéopathie née au XIXe siècle peuvent être remis en cause, sauf un à mes yeux : la réalité d'une sémiologie ostéopathique. Celle-ci passe par la main. La défendre aujourd'hui : c'est défendre l'ostéopathie, la défendre aujourd'hui : c'est aussi défendre la médecine.

Docteur Alain Cassourra

 

   
 
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