Un
patient mest adressé par une consur orthodontiste
pour claquement douverture de la mâchoire gauche
apparu récemment. Cette orthodontiste avait traité ce
patient de 20 ans dans son adolescence, il avait un
articulé dentaire pas tout à fait satisfaisant. Devant
lapparition de ce claquement douverture
gauche, ce patient avait consulté une sommité hospitalière
bordelaise des problèmes darticulation temporo-mandibulaire.
Ce
professeur avait diagnostiqué un défaut darticulé
et proposé une chirurgie de la mandibule avec traitement
orthodontique préalable afin daligner les dents
pour soigner ce claquement douverture de la mandibule.
Ce patient arrive donc au cabinet, muni de sa lettre
mexposant ces faits.
Ce
patient, très grand (1m90), très mince, morphotype aspergiforme,
vit à Casteljaloux et joue au rugby, vu sa taille et
son faible poids, il a été recruté pour récupérer les
ballons en touche, et joue au poste de seconde ligne.
Il se présente à la consultation, avec sa mère, porteur
dune minerve souple dont il ne fait même pas cas,
il parle simplement de son problème darticulé
temporo-mandibulaire et de lopération programmée
et il vient chercher chez moi une possibilité déviter
la chirurgie.
Voyant
quil élude son problème cervical, au cours de
lanamnèse, je lui pose la question sur ce qui
lui est arrivé et ce qui le mène à porter un collier
cervical, et il me raconte quil y a trois mois,
au cours dun match lors dune mêlée écrasée,
il a senti une violente douleur cervicale et quil
était en traitement pour cela. Le diagnostic était une
entorse cervicale de C4-C5, le traitement était constitué
danti-inflammatoires, de myorelaxants et par la
pose dun collier cervical quil portait depuis.
Je
me suis intéressé à cette lésion et après consultation
du dossier radiologique, je constate effectivement une
subluxation de C4 par rapport à C5 sur la radio de profil
notamment, je lui demande si avant de moccuper
de son problème articulaire temporo-mandibulaire, il
ne verrait pas dinconvénient à ce que je lui traite
sa cervicalgie.
Je
lexamine complètement. Je lui fais un traitement
général ostéopathique et je découvre diverses lésions,
notamment une ascension de la tête du péroné avec un
kyste synovial au niveau de larticulation péronéo-tibiale
gauche et des dysfonctions dorsales.
Au
terme du traitement, je me propose donc dexaminer
son articulé temporo-mandibulaire et à sa grande surprise
son articulation temporo-mandibulaire ne craque plus
alors que je navais fait aucun geste concernant
cette articulation. Je lui demande donc de repasser
la semaine suivante afin de savoir si le craquement
avait récidivé et surtout pour évaluer la bonne évolution
de sa cervicalgie.
La
semaine suivante, il sest présenté à la consultation
sans minerve, avait repris quelques activités sportives
et ne se plaignait plus du tout de larticulation
temporo-mandibulaire gauche. Il va sans dire quil
était fort content de ne pas être obligé de passer sur
la table dopération.
Interprétation
physio-pathologique de sa lésion :
Nous
sommes, à mon avis, devant un cas typique de lésions
montantes atteignant larticulation temporo-mandibulaire.
Ce
patient, ayant subi un traitement orthodontique pendant
son adolescence, a un articulé dentaire peu éloigné
des canons de la normalité orthodontique, on peut donc
penser que la lésion primaire nétait pas mandibulaire.
Par
contre la concomitance de lapparition des symptômes
et surtout leur disparition simultanée menclin
à penser que la lésion primaire était bien cervicale.
Sa
réduction ostéopathique a permis la normalisation du
jeu musculaire du ptérygoidien lors de louverture
buccale et par la même supprimé le claquement douverture.
Cest
donc une lésion montante dexpression temporo-mandibulaire.
Cette
observation exceptionnelle montre encore, sil
en était besoin, que le corps est une unité fonctionnelle
globale et quil ny a pas lieu de séparer
une articulation des autres. |